Le Trombi du Medialab 93 : Chloe Kaufmann, photographe et réalisatrice

3 juillet 2018

« Faire avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant !» Le mouvement Kino s’installe à Pantin, le temps du Kino 93,  évènement initié par Chloé Kaufmann, photographe et réalisatrice de Noisy le Sec. Durant ce partenariat avec le Medialab93, le premier Kino pantinois s'est déroulé dans un esprit convivial entre le 4 et 7 octobre 2017 aux Sheds, une ancienne usine de filature du quartier des 4 Chemins à Pantin. Avec pour objectif de découvrir et promouvoir des créatifs de tous bords, c'est naturellement que le  Medialab93 a pris part à la création d’un Kino à Pantin. Au total 72 films ont été réalisés et montés en 3 jours ! 

 

Chloé est une voyageuse. C’est depuis Haiti qu’elle répond à nos questions. En plus d’être kinoïte, Chloe expose ses photographies, réalise des reportages et des courts-métrages partout dans le monde. Dans le cadre du Kino c’est elle, le maître d’orchestre. Après avoir participé à plusieurs kinos dans le monde, elle monte avec l’équipe du Medialab93 et d'autres bénévoles, cette première édition du Kino Kabaret 93. C’est quoi un Kino Kabaret ? Un mouvement qui vient du Québec. Cette manifestation internationale a une vingtaine d’années. Toutefois, Chloé nous  explique qu'en France, elle est considérée comme une pratique en marge de l’institution du cinéma. "Dans le milieu du cinéma français, le Kino n’est pas du vrai cinéma, car il est réalisé par des amateurs et non des professionnels, cela le rend accessible à plus grand non et plus à une certaine élite," nous confie-t-elle. "Mon but était justement de rendre la création cinématographique ouverte à tous." poursuit-elle. Ce genre d’initiative s’inscrit dans l'esprit de celui de l'association les Engraineurs et de l’école de la Cité de Luc Besson, également située en Seine Saint Denis.

Le concept : "Faire mieux avec peu"

Un Kino Kabaret est un événement durant lequel des « kinoïtes » réalisent des films en collaborant les uns avec les autres, en un temps donné (48h, 72h ou 120h). À l’issue de chaque session, les courts-métrages, appelés « kinos », sont visionnés, sans compétition ni censure, lors de projections publiques. Pour la première  thématique, c'est le Mariage ((mélanges, rencontres, mixité, croisements) qui a été choisi. L’ambition du Kino, c’est d’avoir pu donner la parole à un autre public, d’utiliser d’autres outils de narration. “Pour moi, le cinéma est un art politique. On eu environ 120 personnes pour une moyenne d’âge d’environ 28 ans.” se félicite Chloe. "Mais, la difficulté, c’est de faire connaître le concept aux Pantinois et d'éviter l’entre-soi. C’est pour cela que les tarifs de participation étaient abordables (6 euros par jour, repas et hébérgement inclus). Aussi, en terme de logistique, la seule contrainte pour participer était d’avoir son propre matériel si possible! L’objectif était d’avoir différents récits et perspectives. Nos équipes devaient également être disponibles durant chaque tournage et il y en a eu 72 en 48 heures ! On espère attirer encore plus de monde au prochain kino et encore plus de pantinois.” espère Chloé.

 

Plan B

"Le métier de sage-femme m'aurait intéressé, si je n'avais pas travaillé dans la création artistique."